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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 04:29

            Nos dernières semaines en un ultime article ! Ces lignes auront été écrites la veille de notre vol retour vers le vieux continent et marquent le terme de huit mois de tribulations à travers 3 continents... On aura tout le loisir d'épiloguer sur les sentiments contrastés que cela suscite de vive voix avec nos proches que l'on ne tardera pas à voir ; on s'abstiendra également d'essayer de réaliser quelque bilan que ce soit, de même que l'on prévient n'avoir rien à répondre de bien pertinent à la question : « alors ? comment c'était ? ».

 

 

            Nous en étions restés à Buenos Aires où nous sommes arrivés en la compagnie de nos co-voyageurs d'alors, Pierre et Rémi et où l'on retrouvait Agnès qui avait également réalisé un bout de route en notre compagnie dans le nord argentin.

Après une soirée passée à fêter le départ de ladite Agnès qui s'en rentrait au plat pays (en Belgique), nous nous sommes rendus le lendemain à Tigre, un quartier relativement excentré de Buenos Aires. Là, nous avons vogué au gré des flots sur le labyrinthe de canaux en lesquels se divisent la Plata, le vaste fleuve au nord de la capitale. Le soir même, nous célébrions cette fois notre dernière soirée en la compagnie de nos deux acolytes nancéens ; nous l'avons fait comme il se doit, en nous pétant la panse d'une quantité de viande qui vaudrait un AVC à tout militant de Greenpeace !!!

 

En étant revenus à notre duo coutumier, nous avons mis à profit les jours suivants pour visiter les différents quartiers de la vaste ville de Buenos Aires. La ville concentre en effet avec pas loin de 13 millions d'habitants, près du tiers de la population argentine totale. Tout ce beau monde s'organise en une métropole moderne, souvent comparée à sa cousine nord-américaine, New-York. La ville se divise en de nombreux quartiers dotés chacun d'une atmosphère -parfois même d'une architecture- propre. Le quartier de Palermo est branchouille et regroupe quantité d'artistes ; Santelmo est plus populaire et donne volontiers dans l'artisanat foutraque ; Puerto Madero, le port reconverti est tant soit peu guindé ; Microcentro, l'hypercentre, se perd dans les affres de l'occidentalisation, etc, etc.

Nous avons le plaisir de découvrir partout de sympathiques marchés, de petits musées fort intéressants, une population souriante, accueillante et prenons en conséquence grand plaisir à séjourner près d'une semaine dans la ville.

Carton rouge pour nous : nous n'avons pas mis les pieds dans la Boca, quartier populaire qui doit sa notoriété à l'équipe de foot qui y réside et y joue le rôle d'un véritable centre névralgique. Nous avons zappé l'endroit principalement par manque d'intérêt pour le ballon rond !

 

 

            À Buenos Aires où nous nous perdions en spéculations quant aux suites à donner à notre voyage, nous prenons finalement la décision de mettre le cap plein sud et de s'en aller se perdre dans les confins australs du pays : en Patagonie et en terre de Feu !

Notre première étape patagone sera la région du Parque de Los Glaciares, bordée par les villes d'El Chalten et d'El Calafate. Au départ de la première de ces villes, nous nous adonnons quelques jours durant à la randonnée dans le parc. Les conditions sont loin d'être optimales : en plein hiver austral que nous sommes, les chemins sont copieusement enneigés quand ils ne sont pas glacés ! Quant aux points de vue, ils livrent des paysages jouant à cache-cache avec des nuages que poussent de violents vents. Le résultat en est que, même si l'on ne profite pas pleinement des miradors (cf photo aq), on a tout le loisir de profiter d'une nature, du décor parfaitement stupéfiant des pré-andes patagones hors de la saison touristique.

 

De retour sur El Calafate -où nous tenons à saluer le dueño (gérant) de la guesthouse Huemul qui a été d'une infinie gentillesse doublée d'une serviabilité sans bornes- nous signons pour une expédition sur l'attraction locale, le glacier Perito Moreno.

Ce glacier, d'accès facile, est une incroyable montagne de glace de 60 kilomètres de long, 5 kilomètres de large pour une moyenne de 60 mètres de haut. Après une petite croisière sur ses alentours, nous nous chaussons de crampons pour y réaliser une petite randonnée. L'excursion vaut amplement la dépense qu'elle demande : les paysages glaciaires désolés taillés au rasoir qui se dévoilent lors de cette marche sont toute autre chose que ce qu'une vue éloignée pouvait laisser entendre... Notre sortie s'achève par un apéritif pris sur le glacier même : un whisky « on the rocks » complètement de circonstance !

 

 

            Un nouveau vol nous mène vers « la ville du bout du monde » comme elle se surnomme elle-même : Ushuaia. C'est une ville moyenne peu originale aux accents de station de sport d'hiver : magasins d'équipement « neige », commerces de souvenirs, des plaisirs de la bouche, etc, etc. Ce qui dote d'un indéniable charme la localité, c'est le cadre incroyable dans lequel elle s'inscrit : elle se trouve ceinte, d'un coté par des sommets enneigés -en cette saison, de l'autre, par le canal de Beagle, un bras de mer reliant l'Atlantique au Pacifique et séparant la Terre de Feu argentine de la chilienne.

 

Et pourquoi Terre de Feu, by the way ?

Parce que l'ami Magellan, lorsqu'il découvrit le détroit qui portera plus tard son nom, observa sur ces terres de nombreux feux, allumés par les ethnies locales... Et c'est aussi bête que ça !

Ces ethnies, nomades, avaient par ailleurs la surprenante habitude de se déplacer en habit d'Ève ! C'est que, l'on a beau être à moins de mille kilomètres du continent Antarctique, le climat se trouve être relativement clément : les températures, douces en hiver eu égard à la latitude des lieux, descendent rarement en deçà de -10 degrés la nuit quand elles sont généralement positives en journée ; la rudesse du climat tient aux forts vents qui balaient en permanence les terres et aux régulières précipitations, ce dont les autochtones se prémunissaient en s'enduisant simplement d'huile (ce qui s'avérait plus efficace que de porter de chauds vêtements qui se trouvaient rapidement trempés !).

L'arrivée de l'homme blanc a décimé ces populations, une bien triste histoire qui mériterait un millionième coup de gueule... mais passons !

 

À Ushuaia, on a passé une première journée à naviguer le canal de Beagle pour y profiter de la faune locale : deux variétés de lions de mer et deux espèces de cormorans, principalement. Nous avons le loisir de nous approcher en bateau tout près des rochers -en plein milieu de canal- sur lesquels des colonies de ces animaux ont élu domicile, de quoi les entendre se livrer à des concerts de borborygmes et de voir les mâles se livrer à d'âpres combats pour le maintien de leur harem !

À propos de quoi, je tiens à adresser une requête au Très Haut : s'il lui était loisible de me réincarner en lion ou éléphant de mer, mâle, of course ! Ceux-ci ont en effet à leur disposition un harem constitué d'un minimum de 10 femelles pour une extension maximale approchant la centaine !

 

Toujours dans la ville du sieur Hulot et du gel douche, nous avons réalisé une initiation à la conduite de chiens de traineau. Nous avons d'abord reçu quelques enseignements sur les races de chiens constituant ces équipages, sur l'élaboration même d'un équipage, avons pratiqué quelques exercices pratiques sur le maniement du traineau avant de s'en aller balader aux commandes de notre véhicule canin. Sur quoi, il nous faut réaliser une dédicace toute particulière à Estrella, Blacky, Luna et Fido, nos 4 huskies antarctiques, de véritables bêtes de compèt' en même temps que de formidables partenaires !

Ce fut une expérience fort jouissive, à laquelle nous avons tous deux énormément goûté et que nous recommandons vivement !

 

 

            Nous avons ensuite remonté quelques 2 000 kilomètres pour nous rendre à Puerto Madryn, une ville au pied de la Pénisule de Valdès. La péninsule doit son attrait touristique au rassemblement massif d'éléphants et lions de mer qui s'y produit chaque année en cette saison.

À la même période a lieu un autre événement d'envergure non moindre : l'accouplement des baleines franches, mammifère marin fort sociable que l'on peut aisément observer de bateaux à la rencontre desquels elles se portent !

Jouant avec un timing serré, nous avons une seule journée à passer dans la région durant laquelle il nous faut profiter au maximum de la faune exotique et débordante qui se rassemble ici. Si nous observons otaries et phoques à loisir, il nous est en revanche refusé de prendre la mer !!! En raison de forts vents de sud, le port fermé n'affrète aucun bateau pour le golfe !

Nous nous consolons cependant de deux façons : la première tient à ce que nous sommes témoins d'un événement exceptionnel, le passage d'une troupe d'orques à quelques encablures des côtes. Ça n'est pas la saison pour les observer ici et de souvenir d'homme (notre guide du moins), onques ne vît épaulard croiser au large à pareille époque !

La seconde consolation vient de l'existence d'une plage qui descend si abruptement dans la mer que l'on se trouve en eaux profondes à une dizaine de mètres du littoral seulement. La conséquence en est que des baleines viennent s'y ébattre et que l'on peut aisément les observer à l'œil nu...

 

Peut-être ne fut-ce pas plus mal que nous ne prenions pas la mer et n'allions pas perturber les activités copulatoires des cétacés... rien de plus frustrant qu'un coïtus interruptus comme disent les océanologues ;)

 

 

            De la côte atlantique, nous avons tracé plein ouest pour nous en aller rejoindre nos Andes chéries, du coté de Bariloche, dans une région dite « des lacs » pour ce qu'elle prolifère en ces étendues aqueuses. Au turquoise des eaux vient s'ajouter le merveilleux du cadre alpestre d'une région également surnommée « la Suisse argentine » !

Nos explorations des lieux sont cependant mises à mal par la quantité abondante de neige qui ne cesse de s'abattre. Nous croisons dans notre guest un couple fort sympathique de français (Véronique et Christian) avec lesquels nous nous livrons à une randonnée dans le cadre enchanteur d'une forêt aux nombreuses et féériques essences d'arbre, en bord de lac. Le seul hic, c'est que le sentier est généreusement couvert de neige et que la végétation semble s'y être donnée rendez-vous. Et quand il se met à neiger comme vache qui allaite... la situation ne s'en trouve nullement améliorée ! Mais il en faut plus pour altérer la bonne humeur de nos compagnons et la nôtre ; par exemple, un retour dans la remorque d'un camion, trempés et complètement pris par le vent glacial !

Le réconfort viendra le soir où nous donnerons une dernière chance aux vents argentins et où l'on tombera finalement sur notre première bouteille décente : un Malbec de réserve pour lequel il aura quand même fallu débourser la bagatelle d'une douzaine d'euros !

Comme l'on s'en fait tous la réflexion, c'est une somme qu'il n'est pas nécessaire de sortir en France pour boire autre chose que de la piquette !

 

 

            De Bariloche, on transite par Mendoza pour passer au Chili. Après une insoutenable attente (pfff... on regardait une série sur le PC ;) de trois heures, nous avons finalement pu passer du coté obscur des Andes... (il semblerait en effet que les chiliens ne soient guère apprécié par les autres populations sud-américaines !)

On ne s'est pas arrêté à Santiago et avons filé droit sur Valparaiso, la cité portuaire aux demeures colorées. Là, nous avons fait un séjour rapide, mais avons été quelque peu surpris des permanentes mises en garde par divers membres de la population quant à l'insécurité latente en ville. Nous avons été quelque peu frustrés en conséquence de ne pouvoir nous balader à notre guise pour ce que, soit l'on nous faisait signe que l'on allait nous trancher la gorge, soit l'on se faisait gentiment emmener sous escorte policière en zone « plus » touristique...

Valparaiso aura quand même été l'occasion de découvrir un aspect de la culture chilienne en la personne du poète Pablo Neruda et en la visite de sa résidence sur les hauteurs de la ville ; une résidence qu'il a conçu lui-même et où se dévoilent de nombreux aspects de la vie quotidienne de l'écrivain.

 

            Après Valparaiso que nous avons visité à la va-vite, nous ne pouvions en faire qu'autant pour Santiago, pour laquelle il nous était alloué moins de 24 heures...

En conséquence de quoi, à la fois par flemme, par conscience professionnelle (mieux vaut ne rien dire sur un sujet méconnu) et pour ménager le lectorat... on n'en dira rien !

 

 

            Le voyage est fini, on prend notre vol dans une douzaine d'heures... On arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive !!!!

Par Clochette & Ben
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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 19:55

           Nous avons quitté la Bolivie pour rejoindre la dernière étape de notre parcours : Argentina, un pays moderne où l'eau chaude coule à grand flot, les chambres sont équipés de chauffages... enfin du confort et vous savez pas à quel point c'est un plaisir d'en retrouver ! (Oui Pec, je n'ai pas été roots en Bolivie!).

 

           C'est après 27h de bus (rien que ça) que nous avons rejoins nos amis Pierre -l'envoyeur de fusée via fichiers excels- & Rémi -l'écolo googleur- aux Chutes d'Iguazu, dans le nord-ouest du pays. Là, nous avons pu rechausser nos tongs, et mettre à nouveau nos tenues estivales ! Oh plaisir... le soleil, la chaleur, l'humidité, on aime ça et on en profite à fond car cela ne dura pas longtemps.

Hopla, nous partons visiter les plus belles chutes au monde, du moins en comparaison de celles que l'on a pu voir! Les chutes s'inscrivent dans un cadre naturel fascinant, à cheval entre le Brésil et l'Argentine. Le parc est essentiellement composé de forêt tropicale humide, habitée par une faune unique comprenant des milliers d'espèces d'insectes et une grande variété d'oiseaux.

Le plus marquant aura été la Garganta del Diablo (gorge du diable), accessible via une passerelle longue de 1100 mètres qui donne accès à un site spectaculaire, hypnotisant... Là, un torrent d'eau assourdissant se déverse de tous cotés avec une force phénoménale dans un gouffre d'où s'échappe tant de vapeur d'eau que cela empêche d'apercevoir le pied des chutes.

Nous ne regrettons pas d'avoir passé autant de temps dans les transports car ce site mérite amplement le détour ! Nous lui accordons un A++ !

 

                Puis nous sommes un peu descendu vers le sud pour rejoindre les sites jésuites des Missiones.

Un peu d'histoire : A partir de 1609, la compagnie de Jésus mena dans la jungle sud américaine l'une des plus grandes expériences sociales de l'histoire. Dans des lieux incroyablement isolés, les jésuites fondèrent des missions où ils installèrent des communautés d'indiens guarani afin de les évangéliser et de les éduquer, tout en les protégeant de l'esclavage et de l'influence néfaste de la société coloniale.

Les guaranis tiraient de nombreux avantages tels que sécurité, nourriture, prospérité. A leur apogée, les 30 missions disséminées en Argentine, Brésil, Paraguay regroupaient plus de 100 000 guaranis. Le temps des missions prit fin brutalement : la jalousie et la crainte conduisirent les autorités espagnoles à l'expulsion de l'ordre jésuite au XVIIIe siècle.

Nous visitons 3 missions en la compagnie de guides aussi passionnés que passionnants : celles de San Ignacio Loretto et Santa Ana

 

3ème étape : Salta

            C'est ici que nous avons décidé de louer une voiture pour obtenir plus d'autonomie. Nous nous sommes donc retrouvé en possession d'une Volkswagen Gol (et non Golf ; la Gol est un modèle inférieur absente du marché européen !) que nous avons optimisé en y plaçant 5 personnes et 5 sacs plein à craquer. Vous vous demandez qui est cette 5ème mystérieuse personnes? Une italo-belge se prénommant Agnese (Agnès) croisée dans un bus. Elle n'a pas pu résister à l'attrait des 3 mâles du groupe, pétant et rotant à tout va! Quel courage a-t-elle eu !

 

Pour le plaisir de nos accompagnants, nous sommes allés voir les Salinas grandes : grosso modo, c'est comme le salar d'Uyuni mais en plus petit et en version brunâtre (merci aux ralfales de vent apportant de la terre sur les Salinas !). Nous, en bon blasés, nous n'étions pas particulièrement impressionnés par le site...Eh oui... avec le temps nous devenons plus exigeants et nous nous émerveillons moins de sites mineurs ;)

 

Pendant notre trip dans les environs de Salta, nous sommes tombés sur un phénomène surprenant : un rocher qui donne le son d'une cloche lorsqu'on le cogne à coup de cailloux ! Non loin de là, on s'est livrés à la visite de menues ruines... On a par ailleurs visiter d'innombrables sites naturels grandioses sur lesquels je ne vais pas m'étendre car je pense que les photos seront bien plus parlantes. Et non... je ne suis pas flemmarde!

 

               Je vous ferai juste part d'une petite anecdote : à la recherche d'une lampe en cactus pour Pierre (qui est tombé amoureux du matériau), on a réalisé une halte dans un village paumé de la campagne pré-andine ; là, voulant faire une petite collation de quelques empanadas (sorte de chausson fourré à ce que l'on veut [viandes, légumes, fromages...]), on s'est retrouvés à passer des heures en la compagnie de Leonardo, restaurateur-viticulteur !!! On s'est éclatés la panse à coup de produits du terroir, le tout, généreusement arrosé de vino de la casa... Le clou de la soirée eut lieu lorsque notre hôte dégaina sa guitare et nous fit partager des airs de sa composition !

Selon les propos mêmes de Pierre et Rémy : « ça envoyait du fat... ça vous fracturait grave les yeux... c'était un truc complètement improbable... »

 

            Pendant notre trip, nous avons fait une halte à Cafayate, au sud de Salta où nous avons fait la visite d'une bodega (propriété viticole) pour y déguster du vin... que l'on ne pourrait qualifier que de piquette! Imaginez le vin acheté en cubi, version premier prix... eh bien rajoutez-y du vinaigre et vous obtiendrez du vin argentin ! Vous l'aurez donc compris, l'Argentine ne rivalise pas le vin français et c'est pas faute d'en avoir gouté plusieurs.

C'est comme ca qu'un soir je me suis retrouvée à couper mon vin avec de l'eau pour en réduire l'amertume.

 

Néanmoins, nous ne sommes pas venus ici pour gouter au vin mais pour profiter du spectacle de la Quebrada del Cafayate. La Quebrada est une zone sauvage composée de grès aux couleurs chaudes et de formations rocheuses surréalistes. Sculptées par le Rio de las conchas, les strates sédimentaires tortueuses du canyon dévoilent une fascinante polychromie, allant du riche ocre rouge au vert vaporeux. Je vous laisse admirer les photos pour y voir plus clair.

 

              Je passe rapidement sur notre trajet vers Buenos Aires (pour y déposer Pierre et Rémy). Nous avons réalisé quelques haltes sur la route : une première pour visiter deux parcs (ceux de Talampaya et d'Ischigualasto), intéressants pour la curiosité de leurs formations géologiques autant que pour les peintures rupestres préhistoriques que l'on y trouve; une seconde à Cordoba, ancienne capitale de l'autorité jésuite où nous avons pu boucler la boucle sur l'histoire de leur aventure missionnaire...

 

 

             Mais l'Argentine ce n'est pas que la nature, c'est surtout le pays de la viande! Amateur de viandes, venez ici vous régalez pour une bouchée de pain. C'est à Buenos Aires, que nous sommes allés nous blinder l'estomac de protéines : pour la modique somme de 14 euros, BBQ et buffet de salades à volonté, avec dessert et une bouteille de vin par tête de pipe.....ce fut un massacre et nous sommes sortis mal en point avec des sueurs et l'estomac prenant sa vengeance.

 

               Les Argentins aiment la viande mais ils apprécient également les viennoiseries et autres sucreries qui ne sont pas bonnes pour maintenir sa ligne. En France, nous avons le croissant nature, voir fourré, ici il est généralement fourré au dulche de leche (confiture de lait, sorte de caramel à tartiner) et de plus recouvert d'une couche de sucre qui rend le croissant encore plus gras et calorique. Difficile de ne pas succomber aux gâteaux, alfajores (gâteau nappé de chocolat et fourré au dulche de leche), aux empanadas et autres en-cas qui se vendent dans la rue pour quelques pesos. Mais le pire, ce sont les glaciers artisanaux à chaque coin de rue qui t'appellent et vendent un grand nombre de parfum pour 2 euros le ¼ de litre!

 

Évidemment, Ben a succombé à la tentation maintes et maintes fois, se mettant en tête de goûter tous les parfums des glaciers, et autres spécialités locales. Malgré que les Argentins ne soient pas les meilleurs producteurs de vin, nous avons trouvé un glacier produisant une glace au vin blanc délicieuse (comme quoi, leur vin est encore meilleur coupé à la glace !).

 

               L'autre spécialité du pays c'est le yerba maté. C'est une feuille de houx qui est haché et séché. Boire du maté est tout un rituel en Argentine : Le cebador (serveur ou celui en possession du maté) remplit presque entièrement la gourde de maté avec la yerba, fait chauffer l'eau dans une bouilloire avant de le verser dans le récipient. Les buveurs aspirent ensuite le liquide avec une bombilla, paille en argent dotée d'un filtre bulbeux à son extrémité inférieure afin d'empêcher les feuilles de yerba d'entrer dans la paille. Le cérémonial du maté est convivial, le cebador verse l'eau dans la gourde qu'ils passent dans le sens des aiguilles d'une montre. Ces derniers vident entièrement la gourde à chaque fois. C'est grâce à Agnès que nous devons notre introdcution au cérémonial du maté. Nous n'avons pas trouvé à la boisson un goût exceptionnel... et en prime nous nous sommes tous brûlés les lèvres en aspirant par la paille brûlante....question d'habitude nous a-t-elle dit!

 

Autre rite auquel Agnès nous a initié : le Fernet – Coca. Le fernet est un alcool à base d'herbe (un compromis entre le bain de bouche et le Jaegermeister) que l'on mélange au coca cola. Nous avons fait l'acquisition d'une bouteille du liquide que nous avons dû mélanger avec beaucoup de coca pour couvrir le goût immonde qu'il s'en dégage. Nous avons fini par offrir la bouteille à des Argentins appréciant plus la liqueur que nous !

 

            Autre fait marquant en Argentine, c'est le nombre de chiens errants dans la rue à la recherche d'amis humains. Nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises à nous promener dans les parcs en compagnie de chien appréciant notre compagnie pour quelques heures en attendant le prochain touriste.

Et c'est comme ça que l'on compris pourquoi toutes les poubelles du pays sont surélevées.

 

Autre côté loufoque du pays, c'est que l'on a pas besoin d'aller au cinéma voir les derniers films du box office puisqu'on peut le voir gratuitement dans le bus en version piratée!

 

 

             Mais l'Argentine n'a pas été que des expériences positives, nous y avons également eu quelques petites mésaventures : à Buenos Aires on a vu un pickpocket à l'œuvre sur notre sac dans le métro(heureusement, nous avons évité le pire cette fois là); quelques jours plus tard, Ben a oublié sa banane dans un bus (vide!) et on l'a retrouvé avec quelques centaines de pesos en moins (le chauffeur arrondit ses fins de mois !). Bref rien de dramatique mais c'est un peu désagréable sur le moment.

 

Heureusement, les Argentins ne sont pas tous malhonnêtes. Nous avons fait la rencontre à plusieurs reprises de personnes bienveillantes telles qu'une jeune qui nous donne de la monnaie pour qu'on puisse payer le bus; une boulangère qui nous offre gratuitement des biscuits sans qu'on lui achète quoique ce soit; un taxi driver qui m'emmène chez lui pour que sa femme me répare mon manteau...etc...

 

A bientôt pour notre ultime article sur le bout du monde !

Par Clochette & Ben
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 04:08

            Contrairement à ce que l'intitulé du titre pourrait laisser paraître, Chloé n'a pas été engrossée, pas plus que nous n'attendons de malheureux événement... Ce qui suit se veut plus un artifice narratif destiné à rendre le propos quelque peu original ; il serait parfaitement abusif d'y voir autre chose, du romantisme par exemple.

Tant qu'à tuer dans l'œuf tout fleur-bleuisme et autres gnan-gnaneries, j'aurai l'une ou l'autre blagounette sous la manche qui trouvent ici une occasion d'être partagée :

- non, je n'ai pas passer la bague au doigt de Chloé ; en revanche, à la demande de ses parents, je l'ai bien « baguée » de façon à ce que ses mouvements migratoires puissent être suivis !

- je ne lui ai pas plus offert d'anneau ou autre marque romantique d'engagement ; ceci dit, j'ai activement participé à ses régimes et différentes tentatives de perte de poids en faisant l'acquisition pour elle d'un anneau « gastrique » !

 

Mmmmh... Ça... c'est fait !

Passons maintenant au vif du sujet ou comment un père (originalement nommé P) raconte l'histoire d'un de ses voyages à sa fille (l'impertinente F).

 

 

P : Allez ! Au lit gamine... tu sers l'heure qu'il est !

F : Et l'histoire que tu m'avais promise ?

P : Je l'avais promise à ta mère en premier.

F : Même pas drôle. Tu sais ce qu'on dit : « Est cochon qui s'en dédie ! »

P : … Où t'as appris ça ? À l'école ?

F : Non... ça vient de toi !

F : Allez ! Raconte moi un des pays que tu as visité quand t'étais jeune...

P : … et beau. N'oublie jamais ça : jeune et beau ! Ça va de pair... comme vieux et gros !

F : Tourne pas autour du pot !

P : Bon... tu veux quoi : soleil, plage et palmiers ?

F : C'est cliché ça ! C'est nul ! Raconte moi plutôt un pays où il faisait froid !

P : Mmmh... Laisse moi réfléchir...

P : Il y a bien un pays... Je l'ai visité avec une fille qui n'aimait justement pas trop le froid.

F : C'était pas Maman ?

P : Peut-être... à toi de deviner et de me dire... une fois que j'aurai fini.

F : Ça roule ! Alors, c'est quoi le pays ?

P: La Bolivie. Ça te parle ?

F : Ben oui, bien sûr. C'est toi le mauvais en géographie !

P : Toujours le mot pour faire plaisir ! Je te raconte où tu continues à m'insulter ?

F : pfff ! (rires)

P : Bon ! Eh bien... l'histoire commence autour d'un très haut lac, qui se trouve à plus de 4 000 mètres : le lac Titicaca...

F : (rires) C'est quoi ce nom ?

P : Figure-toi que c'est un nom sacré dérivé d'une très ancienne langue et que ça signifie « rocher du puma ». Mais tu comprendras plus tard pourquoi.

P : On se trouvait donc sur les bords du lac Titicaca dans la ville de Copacabana...

F : N'importe quoi ! Tu ne m'auras pas sur ce coup-là ! Copacabana, c'est le nom d'une plage au Brésil...

P : … et d'une ville en Bolivie ! T'as pas bientôt fini de m'interrompre ?

F : Pardon Pouth... S'il te plaît, tu continues ?

P : On se trouvait donc à Copacabana, une jolie petite ville nichée entre les collines et de là, on a pris un bateau pour se rendre sur une île du Lac Titicaca appelée l'Île du soleil. On l'appelle comme ça, parce que, selon d'anciennes légendes, ce serait là que le soleil aurait vu le jour. Lui et d'autres divinités seraient sortis d'un rocher en forme de puma. Tu comprends maintenant le nom du lac ?

F : Oui, facile ! Et alors, vous zavez fait quoi sur l'île ?

P : On a d'abord mis des plombes pour s'y rendre parce que le bateau était plus lent qu'une tortue ! Et quand on est arrivés, on a visité un petit musée avec des objets d'anciennes civilisations qui ont vécu sur le lac. Il y a même une culture qui a construit un temple qui se retrouve maintenant sous les eaux ! Les scientifiques ont d'abord cru qu'ils avaient trouvé l'Atlantide, la cité perdue. Puis ils se sont rendus compte qu'il s'agissait juste d'un temple et pas une grande cité. L'édifice s'est trouvé englouti suite à la montée des eaux. Le niveau du Lac Titicaca a beaucoup changé avec le temps, tu sais ?

F : Tu veux pas abréger un peu, non ? Qu'est-ce que vous avez fait d'autre ?

P : Aussi agréable que ta mère pour me remettre à ma place !

F : Tu sais que tu racontes trop de choses !

P : I know, I know...

P : Ben... Après on a fait le tour de l'île. En chemin, on a croisé le fameux rocher du puma et beaucoup de ruines des anciens habitants de l'île... les incas entre autres que tu connais. Le paysage était particulièrement beau : d'un coté, il y a les îles, recouvertes de roches claires voire blanches avec une végétation qui ferait croire que l'on est en Méditerranée -des buissons secs et bas, de grands arbres ressemblant à des pins ; autour, les eaux du lac, turquoises, d'une pureté incroyable et en toile de fond, la cordillère des Andes et ses hauts sommets enneigés ! C'était magnifique !

P : On est rentrés sur Copacabana où on a passé la nuit et le lendemain, avant de partir, on a assisté à un truc marrant.

F : Quoi donc ?

P : Sur la place de l'église, des prêtres se livraient à des baptêmes de voiture !

F : ???

F : Que je sache, les voitures font pas de bébés entre elles ! Pourquoi ils faisaient ça ?

P : Ben, en fait, ils pensent que bénir une voiture lui apporte une sorte de protection, à elle, au chauffeur et aux passagers... Chacun croit ce qu'il veut après tout !

P : Après ça, on est partis pour la capitale, La Paz -ça se prononce pass en espagnol- où l'on s'est trouvé un hôtel que l'on appelait entre nous « la maison de Paz » ! (rires)

F : Je vois pas c'qu'y a de drôle !

P : T'as raison... c'est pas un bon jeu de mot ! La fille avec qui j'étais, ça la faisait pas trop rire  non plus... à force de le répéter ! (rires)

F : Ou tu m'expliques ou tu continues !

P : Je continue... je continue.

P : Alors, on a passé une journée à se balader dans la ville, dans les quartiers d'artisanat par exemple. Les boliviens font des choses qui te plairaient beaucoup : des vêtements et des accessoires très colorés ; ils utilisent beaucoup la laine d'alpaga, c'est un animal voisin du lama qui a un poil exceptionnellement doux.

F : Vous en avez ramené ? des vêtements en alpaga ?

P : Ben... Pas vraiment, en fait. C'était un peu trop de couleurs à notre goût !

F : Ben voyons ! C'était super kitsch, c'est ça ? Et tu crois vraiment que ça me plairait ? Heureusement que toi et Maman vous avez arrêté de m'habiller et que je peux choisir mes vêtements. Vous m'habilleriez en sapin de Noël... la loose !

P : Parlons-en... ça te déplaisait pas la couleur avant que tes copines ne t'initie au noir et ne décrète la mort des couleurs ! Tu t'habilles par et pour toi même ou pour tes amies ?

F : Tu peux pas comprendre...

P : Certes pas... mais passons !

P : À La Paz, on est aussi passés au musée d'Art Moderne où ils exposaient les œuvres d'artistes locaux, on a pris des renseignements pour notre programme des jours à venir...

F : Juste l'intéressant ! L'essentiel !

P : Oui... oui

P : J'oubliais ! Il faisait froid à Copacabana comme à La Paz, comme dans tout le pays... On y était au mois de juillet et, comme on se trouvait dans l'autre hémisphère, les saisons se trouvaient inversées. On y était donc en hiver. En plus, on n'est quasiment jamais descendus en-dessous de 3 000 mètres. La moitié de la Bolivie est occupée par la Cordillère des Andes qui y culmine à plus de 6 000 mètres. Dans la cordillère se trouve par ailleurs une vaste région appelée l'Altiplano : c'est un immense plateau en altitude (entre 3 000 et 4 000 mètres) sur lequel on trouve plein de curiosités. Mais ça... je te le raconterai demain !

F : C'est une blague ? Tu m'as rien raconté ? À peine 2 ou 3 jours de ton voyage !!!

P : Je continue un peu alors, mais je n'irai pas plus loin que la moitié des 2 semaines de voyage... je te préviens !

F : Oui oui, on verra !

P : C'est tout vu, jeune fille !

P : Bref... On était donc tout le temps en altitude... ça plus l'hiver... on se pelait...

F : … le cul !

P : … les fesses ! Veux-tu bien ne pas parler comme ta mère !

P : On a donc eu plutôt froid pendant tout notre voyage ! De La Paz, on est partis visiter le plus grand site archéologique de Bolivie : Tiahuanaco. Là, une civilisation vieille de plus de 2 000 ans a bâti une gigantesque cité qui se trouve aujourd'hui encore en grande partie ensablée. Des chercheurs vont y travailler pendant encore des décennies avant qu'elle ne dévoile tous ses secrets. On trouve là-bas de nombreuses pyramides et autres temples qui ont été construits en agençant les blocs de pierre massifs à la perfection !

F : Ils ont copié les incas, non ?

P : En fait, c'est plutôt l'inverse. Ils ont construit leur ville bien longtemps avant de se faire envahir par les incas qui leur ont volé leurs secrets de construction.

P : Sur le site, on a aussi pu voir de gigantesques statues qui représentaient leurs dieux en même temps qu'elles servaient de calendrier. Ils étaient très en avance sur leur temps !

F : Pas comme toi pour les fringues, en tout cas ! (rires)

P : ah ah ah ! Qu'elle est drôle, ma fille !

F : N'est-ce pas ? À se demander de qui elle tient, ça ? (rires)

F : Et ensuite ?

P : Ensuite, on s'est rendus dans une autre grande ville qui s'appelle Cochabamba. Elle se trouve vers le centre du pays. On y est allés en prenant un bus qui a roulé toute la nuit et on a pas dormi tellement on avait froid !

F : Pourquoi vous aviez froid ? Y avait pas de chauffage dans le bus ?

P : Si si... mais pas à l'avant du bus !

P : On se trouvait aux premières places, devant la fenêtre à l'étage du bus ; la ventilation de marchait que dans la seconde moitié du car et la fenêtre devant laquelle on se trouvait était fissurée de partout et un air glacé s'engouffrait de tous cotés ! On a vraiment passé une mauvaise nuit !

On n'a pas passé beaucoup de temps à Cochabamba. On a repris un bus le soir même pour se rendre à Torotoro.

F : Comme le monstre dans mon dessin animé préféré !

P : Non, ma puce. Pas Totoro, mais Torotoro. Mais c'est un peu pareil, je te l'accorde.

P : On a donc repris un bus qui a mis 6 heures pour faire 130 kilomètres ! C'est pas que c'était un escargot, mais la route, en mauvais état, traversait les montagnes, montait et descendait en passait d'une vallée à l'autre ! Du coup, on est arrivés au milieu de la nuit !

F : Et vous avez trouvé où dormir ?

P : Oui oui ! On avait réservé à l'avance. Comme la fille avec qui j'étais en avait un peu marre de voyager, à cause du froid et de la fatigue, on s'est pris une chambre dans la meilleure guesthouse du village... Ça lui a un peu remonté le moral !

P : Les 2 jours suivants, on a visité le parc national de Torotoro, qui se trouve tout autour du village du même nom. Les paysages étaient hallucinants ! On se croyait à Jurassic Park !

F : Quoi ?

P : Ah oui... pardon. Tu es trop jeune pour connaître un vieux film comme celui-là... On se croyait revenus aux temps des dinosaures, si tu préfères. Dans les environs de la ville, on trouvait des formations géologiques complètement farfelues : il y avait des collines qui donnaient l'impression que quelqu'un s'était amusé à plier la terre pour faire un accordéon avec la roche ; dans d'autres endroits, l'eau a creusé dans la roche un dédale de galeries, des grottes incroyablement profondes ou encore des canyons dans lesquels vivent une espèce rare d'aras, sous l'œil des vautours qui tournoient haut dans le ciel...

F : C'est quoi des aras ?

P : C'est une famille dans laquelle se trouve les perroquets. C'est une sorte d'oiseaux.

F : Oki

P : Et si ça nous faisait penser à la préhistoire, c'est surtout parce qu'il y avait partout des empreintes de dinosaures. Elles se sont figées il y a très longtemps dans l'argile des cours d'eau, avant d'être recouvertes et préservées pendant des millions d'années ! Il y avait des empreintes de brontosaure, de T-Rex, de velociraptor, etc, etc La plus grande empreinte faisait plus de 50 centimètres de long ! Tu imagines ?

F : C'est presque aussi large que les pieds de Maman ! (rires)

P : Si elle t'entendait, il finirait dans tes fesse... son large pied ! (rires)

P : Bref ! On s'est promenés un peu partout dans le parc pour voir tout ce dont je viens de te parler. On a même été dans une grotte où l'on avançait dans des passages pas plus large que trois fesses ! Et pour finir, la cerise sur le gâteau, c'est que la fille avec qui j'étais est tombée bien malade au moment de partir !

F : Qu'est-ce qu'elle avait ?

P : Ben... elle a commencé par avoir mal au ventre... et puis elle a eu la courez-vite...

F : La quoi ?

P : Tu manques cruellement de vocabulaire jeune fille !

F : Ah ! Tu crois ! Je crois que j'ai compris ce qu'elle avait : la diarrhée, la chiasse, la coulante, les selles liquides... Ça te suffit comme vocabulaire ?

P : C'est qu'on est susceptible ! Mais oui... tu as bien cerné ce dont elle souffrait !

P : On est partis pour Sucre, supposément la plus belle ville du pays et... on en a rien vu ! En tout cas, rien d'autre que les murs de notre chambre pendant 3 jours. La fille a continué de se vider et à aller mal. À tel point que l'on s'est rendus à l'hôpital pour la réhydrater et lui administrer un traitement adéquat.

F : Elle allait si mal ?

P : Oui, plutôt. Si tu avais été là pour l'entendre à l'époque ! Elle se croyait à l'article de la mort ! Elle est un peu hypocondriaque, je te l'accorde ! Ça veut dire qu'elle se croit souvent malade et qu'elle en rajoute un peu quand elle l'est vraiment !

F : Ça me rappelle vaguement quelqu'un.

P : Pschttt... tu me diras à la fin si tu as trouvé de qui il s'agit !

F : À la fin ? Je croyais que tu ne devais me raconter que la moitié du voyage ? Tu ne serais pas déjà allé trop loin ?

P : Sacré filoute va ! Tu m'as bien embobiné !

F : Tu as fait ça tout seul, Papounet !

P : Bon... Je vais faire vite. Je te rappelle que tu as l'école demain !

P : Donc, je suis resté plusieurs jours à tenir le lit avec ma copine malade. On se regardait des épisodes d'une série que l'on avait téléchargé, un truc sur un serial killer... Dexter si je me souviens bien ! Et l'on a rien vu de Sucre qui avait pourtant l'air d'une charmante petite ville avec ses innombrables églises et chapelles, ses rues pavées, ses maisons aux murs blanchis à la chaux, aux fenêtres bleues... On a vu tout ça qu'en partant avec le bus pour nous rendre à Tupiza, tout au sud du pays, pas loin de la frontière avec l'Argentine où on voulait aller après.

F : Par contre, Pouth, il faut que je te dise... je pense pas que je tiendrai le coup pour un récit sur l'Argentine ! (rires)

P : Et tu te trouves futée, chipie ?

F : Vous étiez faire quoi au sud ?

P : De Tupiza, on est partis en 4X4 pour un long tour dans les régions du sud Lipez, de l'Altiplano et du Salar de Uyuni (un des plus grands déserts de sel au monde)...

F : Vous êtes partis seuls ?

P : Non non. On était 5 touristes dans notre véhicule... que des gens super sympas ! On était avec un étalon solitaire italien et un couple d'anglais. Et dans un autre 4X4 avec lequel on faisait convoi se trouvait un quatuor de français tout aussi sympathique ! On a passé 4 jours super à en prendre plein les yeux dans une excellente ambiance. On a commencé par le sud Lipez et ses gorges profondes, ses formations rocheuses si particulières, en aiguilles, ses villages fantôme, ses mines... ; on est ensuite montés sur l'Altiplano où l'on est passés à coté de volcans en activité, de lacs d'altitude de toutes les couleurs (selon les minéraux dissous dans leurs eaux) dans lesquels pataugeaient différentes espèces de flamands... et l'on a fini par un immense désert de sel qui s'étend à perte de vue sur lequel on s'est amusés à faire des photos rigolotes avec notre groupe !

F : Tu me les montreras ?

P : Bien sûr. Si tu es sage, que tu t'endors vite, que tu fais de bonnes études qui ne me coûtent rien, que tu te maries à un bon parti et que tu me fais de jolis petits enfants...

F : Tu peux jamais être sérieux !

P : Faire un enfant, c'était pas sérieux à la base !

F : C'est fini oui ?

P : Oui oui, mon histoire est finie. Après notre tour en 4X4, on s'est simplement dirigés vers la frontière.

F : C'est pas ce que je voulais dire !

P : Je sais, mais c'est bel et bien fini ! Et vous, jeune fille, je vais vous laisser avec les monstres du placard et aller me coucher moi même.

F : Merci pour ton histoire, Pouth. Bonne nuit.

P : Bonne nuit, beauté.

P : Au fait, tu as trouvé qui était la fille avec qui je voyageais ?

F : Bien sûr... C'était trop facile ! C'est...

Par Clochette & Ben
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 21:18

            Après 3 jours de repos à Lima, nous sommes partis en direction de Pisco, situé à 200 km au sud de la capitale et au bord de mer. Notre 1ère rencontre : un taxi driver qui nous a dit d'être très prudent à Pisco car de nombreux voleurs et agresseurs rodent autour de la ville à l'affut du portefeuille du touriste. Outre les méchants, la ville ne ressemble à pas grand chose car en 2007 un tremblement de terre l'a frappée et depuis c'est un chantier sans fin.

           

Vous l'aurez donc compris, Pisco n'est pas un endroit extraordinaire mais non loin de ce trou, se trouve les îles Bellistas où il est possible d'observer des pingouins, des lions de mers et autres espèces mammifères du coin.

Après avoir patienté 2h au port avec une centaine d'autres touristes, le capitaine a annoncé la fermeture du port pour la journée car la veille 4 bateaux de pêcheurs ont coulé en raison d'une forte tempête. Nous ne coulerons donc pas aujourd'hui en observant la faune, déception !

 

            Après l'échec de Pisco, nous partons rapidement pour Arequipa, point de départ pour rejoindre le Canyon del Colca. Mais avant d'aller au canyon, nous faisons une halte dans la petite bourgade de Chivay perchée à 3600 m d'altitude. Nous optons pour une guesthouse très mignonne avec un petit jardin fleuri et pour animal de compagnie un alpaga qui suit sa maîtresse partout, même dans la cuisine!

Pour se réchauffer un peu, nous sommes allés prendre du bon temps au bain thermal du coin avec une piscine à 35 – 40 C°. Malheureusement, chaque chose à une fin et nous avons eu bien froid le reste de la soirée.

 

            2H30 de bus plus tard, nous arrivons à Cabanaconde, cette fois ci le vrai point de départ de notre trek dans le canyon. C'est avec les bâtons de marche et un sac rempli de vêtements inutiles que nous partons pour 3 jours de marche dans l'un des plus grands canyon au monde. Long de 100 km, le canyon se situe au milieu de très hauts volcans, le Coropuna ( 6613m) et L'ampato (6310 m). Sa profondeur varie entre 1000 et plus de 3000 mètres. Il faut noter que le Canyon del Colca est deux fois plus profond que celui des USA.

Au fond du canyon s'écoule la Colca, fleuve qui a donné son nom au lieu. Le climat y est tempéré le jour mais froid la nuit. On peut y observer des condors planer. Le condor est l'un des plus grands oiseaux au monde avec une envergure de 3m et pouvant peser jusqu'à 10 kg.

            Maintenant que vous en savez un peu plus sur le canyon, place à l'aventure!

Nous débutons notre descente au fin fond des entrailles du canyon, soit 1200 mètres de dénivelés sur un chemin de pierre en pente abrupte. Nous croisons de nombreux muliers transportant diverses denrées pour les villages du coin. Les locaux courent sur le chemin alors que nous (enfin moi) galère et glisse à plusieurs reprise sur le chemin.

 

Vous vous doutez qu'il n'y a rien en bas à part un fleuve, des rochers, des cactus , et un pont pour aller sur l'autre versant du canyon. Hopla, on remonte de 800 m pour rejoindre le village de Malata et y passer la nuit.

C'est donc dans un musée-restaurant-chambre d'hôte que nous passerons la nuit avec 3 autres randonneurs dont un américain-israélien intello, un israélien un peu frappé à la coca ou autre substance illicite accompagné de son amie australienne, perchée, qui n'a su dire pendant toute la soirée que : « YEAHHHHHHH it's beautiful ! ».

Nous passerons la nuit dans une maisonnette basique fabriqué avec la pierre locale, un toit en tôle et à l'intérieur 2 lits fait de bois et bambous. La SDB se situe à l'extérieur: une arrivée d'eau et un seau.

C'est ici que nous avons vu notre premier enclos de Cuy (cochon d'Inde) obèses prêts à passer à la broche.

 

            Après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons la route en empruntant un chemin étroit ( 50 cm de large) à flan de falaise et nous donnant une vue spectaculaire sur le canyon et l'oasis de Sangalle, aménagée en son fond. Au loin notre étape finale du jour : Lluahar. Après quelques heures de souffrance à monter et descendre, nous sommes enfin parvenu à destination. Nous nous faisons royalement arnaquer par le gérant qui demande 10 € la nuit pour une maison en bambou laissant le bon air froid passer, et un lit bancal et bien sûr ni SDB et électricité! Seul point positif : des sources d'eau chaude pour se remettre d'appoint pour la suite du trek, et un bon plat consistant : pâte, riz et pomme de terre (c'est la fête aux féculents) !

 

            3ème jour : nous repartons vers Cabanaconde. Il faut donc remonter tout ce que l'on a pu descendre auparavant. Hors de question pour une princesse de fournir un tel effort risquant de me faire transpirer et salir ma belle tenue du jour. J'ai donc pris mon cheval blanc avec sa crinière parfaite et nous avons grimpé ensemble le canyon pendant que mon prince suait avec ses 15kg de garde robe sur son dos. Mais on le sait tous il est fort et ce fut très facile pour lui de remonter les 1200 mètres de dénivelé positif en plein cagnard.

En réalité, je puais déjà, mon beau cheval blanc n'était autre qu'une mule s'appelant Ula (so sexy) et puant autant que moi et ce n'est pas par flemmardise que je n'ai pas marché (enfin un peu quand même) mais bien parce que je me suis blessée à la jambe : si c'est pas ROOTS ça !!! Pendant ce temps, Ben avait bel et bien 15kg de vêtements inutiles sur le dos... Il est certes fort mais au bout de 5h de marche... eh bien la souffrance se fait sentir.

Nous sommes arrivés à bon port et nous avons sauté immédiatement dans un bus en direction d'Arequipa, avec pour repas du pain et des tomates.

 

6h plus tard, nous arrivons en ville, je me précipite sous la douche (pour une fois chaude) pour me décrasser des 3 jours de randos. Ben continue son mode cradoc et fera le voyage de nuit pour Cusco en sentant le Pérou !

 

            Cusco (3326 m), était jadis la cité la plus importante de l'Empire Inca, elle est aujourd'hui la capitale archéologique incontestée des Amériques et la plus ancienne ville habitée du continent.
Longtemps gouvernée par les rois incas puis prise par les conquistadors, Cusco dépend désormais du tourisme. De nos jours, chaque édifice bordant la Plaza de Armas abrite hôtels, restaurants, boutiques, rabatteurs et bien sûr un Mac Do! Aux abords de la place se trouve une cathédrale abritant une représentation de la Cène où le cochon d'Inde constitue le plat de résistance.
La plaza de Armas, à l'époque inca, était le cœur de la capitale.

 
Nous nous offrons un plaisir en allant petit déjeuner dans une boulangerie faisant du pain à la française sur lequel nous tartinons diverses confitures exotiques telle qu'une marmelade au piment rouge de la région. Nous avons aussi la joie de regoûter à la saveur du croissant et du petit pain au chocolat tout juste sortis du four!!!

 

            Nous visitons ensuite le musée de la Coca où nous avons droit à une visite guidée assurée par le gérant. Il nous informe sur l'histoire, l'utilisation de la feuille de Coca au Pérou. Voici un petit aperçu de ce que l'on a pu y apprendre :

La culture de la coca n'est pas illégale au Pérou mais est surveillée de très près par le gouvernement. D'ailleurs, toute personne vendant la feuille de coca doit se déclarer auprès de l'administration. On fait du produit divers usages : les feuilles se mâchent, ou sont infusées pour préparer le « maté de coca » et sont également employées dans des préparations médicinales pour le mal d'altitude, la tourista, la fatigue...etc...


A l'époque des incas, la feuille de coca était utilisé comme offrande aux dieux.
Mais avec l'arrivée des conquistadors au 15 ème siècle, la feuille de coca a été déclarée comme illégale car elle était jugée étant diabolique !

Ayant toutefois réalisé, combien le mâchage des feuilles aidait les Indiens lors des travaux éreintants qu'ils devaient accomplir dans les mines, ils changèrent de politique et encouragèrent même son commerce.

Aujourd'hui, les pays occidentaux (surtout les USA) importe massivement et illégalement la feuille pour y extraire l'élément produisant la cocaïne et interviennent dans les politiques nationales des pays producteurs en exigeant l'éradication totale des cultures, bouleversant ainsi les traditions des communautés.

 

C'est à Cusco que Ben a gouté le plat national : le Cuy (cochon d'Inde)... paraît-il que ça a un goût de poulet. Oui Benjamin, est un homme qui ne respecte l'animal de compagnie de notre enfance et s'est léché les babines pendant tout le repas alors que je détournais le regard !
Benjamin aime goûter tous les plats locaux et n'a donc pas refusé un demi de cochon d'inde!

 

 

            Cusco est touristique car c'est le point de départ pour visiter la Vallée Sacrée et ses innombrables ruines incas bordant la rivière Urubamba. C'est également de là que partent les excursions vers le fameux site du Macchu Pichu.

Nous ne visiterons que les 2 sites majeurs de la Vallée Sacrée : Pisac et Ollantaytambo.

 

- Pisac est célebre pour ses cultures en terrasses, qui forment de grandes courbes gracieuses sur les flancs de montagne. Au sommet des terrasses se trouve le centre cérémoniel avec ses temples et canaux. De l'autre côté de la gorge, on aperçoit des centaines de trous percés dans la falaise. Il s'agit de sépultures incas dont le contenu a été vidé par des huaquenos (pilleurs de tombes).

 

- Ollantaytambo possède également des terrasses incas où se cultivait principalement de la pomme de terre. Notez qu'au Pérou il existe environ 2000 espèces de pomme de terre.

Un temple cérémoniel domine les terrasses. Des murs parfaitement ajustés étaient en construction lors de la conquête espagnole et ne furent jamais achevés. Les pierres provenaient d'une carrière à  6 km au dessus de la rivière. Le transport de ces blocs jusqu'au site est un exploit ayant nécessité les efforts de milliers d'homme. Pour les faire passer d'une berge à l'autre, ils usèrent d'une technique ingénieuse en posant les pierres au bord de la rivière et détournant le cours d'eau.

 

            C'est au départ d'Ollantaytambo que nous prenons le train pour nous rendre à la ville d'Aguas Calientes, soit 42 km pour 2h de trajet.

Le lendemain, nous partons visiter le site du Macchu Pichu avec une bande de touristes de toutes nationalités dont un grand nombre d'asiatiques accrochés à leurs appareils photos et prenant la moindre pierre en photo !

Il faut savoir que le Macchu Pichu n'est mentionné dans aucune chronique des conquistadors espagnols car ils ne sont jamais parvenus jusqu'au site. Ils se sont simplement arrêtés au site d'Ollantaytambo qui se trouve bien plus bas dans la vallée. Le site a été découvert par un anglais, Hiram Bingham, qui est tombé par hasard dessus alors qu'il cherchait la cité perdue de Vilcabamba, dernier bastion des incas.

C'est seulement quelques années plus tard qu'il se rendit compte de son erreur.  Les connaissances concernant le site demeurent superficielles car il n'existe aucunes traces écrites à son sujet puisque les incas transmettaient leurs savoirs et autres informations par voix orale.

 

Le site est majestueux tant pour son incroyable état de préservation que pour le décor de montagnes verdoyantes de jungle dans lequel il s'inscrit.

Points noirs : c'est un site touristique (1000 touristes par jour en moyenne sur l'année) ; il coûte affreusement cher et le prix n'est pas vraiment justifié eu égard à d'autres sites d'égale importance... d'autant plus que l'on sait pas qui empoche toute ces rentrées d'argents... Malgré cela, ça nous a semblé un immanquable dont ne nous ne regrettons pas la visite !

 

 

            Nous repartons d'Aguas Calientes pour aller à Puno, une ville en bord de lac Titicaca, non loin de la frontière Bolivienne. Nous y faisons la visite des îles flottantes sur le lac à 4000 m d'altitude.
Les îles flottantes sont des îles artificielles fabriqués avec des roseaux légers appelés totora qui poussent en abondance dans les eaux peu profondes du lac. Ces roseaux sont également utilisés pour la construction des maisons, bateaux et artisanat destiné aux touristes.

 

La construction se fait en rassemblant des mottes de terre nouées à l'aide d'une corde. Puis plusieurs couches de totoras sont posées dessus. L'île est arrimée au fond du lac via un piquet long de 10m pour éviter qu'elle ne parte à la dérive. Une île peut être utilisée pendant 10 ans. Passé ce temps les fondations moisissent.

 

Nous avons été relativement déçu par la visite d'une de ces îles (au nombre total de 52) car les personnes y logeant ne vivent plus que du tourisme et ont oublié leur propre culture. C'est comme ça, que lorsque nous avons quitté l'île nous avons eu droit à une petite chansonnette traditionnelle puis à d'autres, en français avec Allouette, en Anglais et à un final avec « Vamos a la playa ». Pathétique à voir et on se demande si les personnes habitent réellement sur l'île et ne viennent pas chaque jour du continent !

 

            C'est à Puno que nous traversons la frontière pour rejoindre la Bolivie pour une courte durée (un séjour de 2 semaines).

 

 

            Du Pérou, nous avons apprécié autant le nord qui est moins prisé des touristes que le sud qui détient les sites majeurs de l'époque Inca. Le pays est très intéressant tant pour le côté culturel que pour la beauté, grandeur et majesté de ses paysages. Nous avons été un peu déçus par les locaux qui sont un chouilla moins sympathiques que les Asiatiques.

Nous avons évité toutes les menaces qui planent sur les touristes au Pérou... pourvu que ça dure !

Nous regrettons de ne plus avoir l'occasion de visionner les navets de Jason Statham et Steven Seagal pendant les longs trajets de bus péruviens. Ou encore d'apprécier la musique traditionnelle qui braille en boucle durant ces mêmes trajets.

Espérons que la Bolivie et l'Argentine cultivent le silence dans les transports !

 

Si vous aimez marcher, si vous aimez les musées en plein air et aimez le cochon d'Inde (avec un peu de sel !)... ce pays est donc pour vous !

 

Hopla à bientôt pour une prochaine aventure bolivienne !

Par Clochette & Ben
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 21:37

Pérou, pays du cochon d'inde

 

Après 16h d'attente à l'aéroport de Sydney (car trop radin pour payer une nuit d'hôtel), 14h30 de vol pour atteindre Santiago, 8h d'attente dans l'aéroport non chauffé, et enfin à nouveau 4h de vol pour enfin atteindre notre destination : Lima. Une ville qui abrite 8 millions d'habitants, des taxis qui klaxonnent à toutes heures de la journée, des églises à gogo, un site archéologique en plein centre ville et bien évidemment un écran géant sponsorisé Coca cola sur la place principale pour suivre la compétition footballistique.

 

Nous ne nous attardons pas sur la capitale et partons rapidement vers le nord pour y faire une boucle et visiter de nombreux sites archéologiques pré incas.


En effet, quand on évoque l'histoire du Pérou, « inca » est généralement le premier mot qui vient à l'esprit . La civilisation inca est en effet la plus connue et plus présente au Pérou. Toutefois, les Incas ne représentent que la partie émergée de l'iceberg archéologique : le pays a connu une multitude de cultures précolombienne, dont certains précédèrent les Incas de plusieurs millénaires.

C'est en parcourant le nord du pays, que l'on a découvert ces autres civilisations qui se distinguent par des traditions, ritues et constructions propres.

 

Etape 1 : Chiclayo (sur la côte, 1 000 kilomètres au nord de Lima)

 

Les environs de Chiclayo présentent des  vestiges de nombreuses cultures (Sicàn, Moche [prononcez mo-tché], Chimu...) ayant fleuri lors du premier millénaire ap. JC. C'est là que nous vîmes nos premières pyramides : sur le site de Tucume entre autres qui comporte 26 pyramides vieilles de plus de mille ans. Ces pyramides sont le fruit de modifications et d'ajouts successifs apportés par plusieurs civilisations. Dans leur environnement proche furent mises au jour de nombreuses sépultures, contenant des corps et de nombreux artefacts (pièces de joailleries, vêtements, céramiques...) par lesquelles la connaissance des cultures passées a pu s'accroître -celles-ci n'ayant laissé aucun témoignage écrit.

 

Nous faisons une halte au marché pour y voir des stands de Chamans, fournissant de nombreux remèdes pour contrer les problèmes de santé, problèmes sexuels, malchances, finances....etc.... C'est ici qu'il faut venir si l'on a un petit tracas dans sa vie ou que l'on veut guérir de quelque mal. Nous avons discuté avec un Chaman qui nous a fait part d'une certaine tradition :

En se frottant tout le long du corps un cochon d'inde vivant, le rongeur aspirera le mal que l'on a en nous et si « le mal » était bien en nous, le cochon d'inde mourra à la fin de la cérémonie. Et vous pourrez repartir vivre une vie peinarde à nouveau avec la mort d'un cochon d'inde sur la conscience...ou pas.

 

 

Etape 2 :  Chachapoyas – 2 335 mètres (250 bornes à l'est soit à 12 heures de bus de Chiclayo)

 

Surnommée Chacha, c'est une bourgade paisible et isolée, entourée de mauvaises pistes et de forêts de nuages de haute altitude d'où la civilisation du même nom qui signifie «  peuple des nuages ».

Aux alentours de Chachapoyas, on trouve des ruines archéologiques fascinantes dont le site de Kuelap dont nous réalisons la visite.

 

Il s'agit d'une cité fortifiée trônant au sommet d'une montagne à 3100 m d'altitude, se composant de millions de mètres cubes de pierres remarquablement bien conservés. On raconte qu'il a fallu plus de pierre pour construire ce site que la pyramide de Kheops en Égypte (nous avons eu qq doutes à ce sujet ; à notre avis, les péruviens se la pètent).

La forteresse ovale de 700 m de long est entièrement ceinturée d'un rempart massif de 6 à 12m de haut. On y accède par 3 petites portes donnant sur un espace en forme un entonnoir, un ingénieux système de sécurité qui forçait les attaquants à entrer à la file, au compte goutte.

A l'intérieur, 3 niveaux regroupent plus de 400 bâtiments, circulaires pour la plupart recouvert d'un toit de chaumes à l'époque. A l'intérieur des bâtiments, y était installé un enclos pour y conserver la denrée encore populaire aujourd'hui : le « cuy » id est le cochon d'inde.

 

Etape 3 : Cajamarca – 2655 m

 

328 km, 12h de bus à flan de la montagne, nous permettant d'avoir une vue surprenante sur les montagnes verdoyantes (étonnamment, plus on monte, plus la nature verdit alors que les basses vallées sont arides au possible) avec passages ponctuels au-dessus d'une mer de nuages. Le trajet nous a fait monter jusqu'à 3678 m d'altitude puis redescendre de nombreuses fois sous mille mètres.

La route étant bien escarpée, cela nous donnait des frissons par moment en voyant le vide à nos côtés. Bien évidemment, vous vous doutez que 2 véhicules ne peuvent pas passer de front, et que les virages sont souvent en épingle, offrant une visibilité nulle à notre chauffeur.

 

Dans les environs de Cajamarca, c'est sur le site de Cumbe Mayo signifiant « canal bien fait », que nous avons découvert à 3500m un aqueduc pré-incas creusé dans la roche il y a environ 2000 ans, zigzaguant sur 9 km dans la montagne entre d'énormes roches érodées. Cet aqueduc a été construit pour dériver l'eau des montagnes vers les champs de cultures.

 

Etape 4 : Trujillo – sur la côte pacifique

 

Trujillo est la seconde ville du pays, autant dire que c'est bruyant et que ça grouille dans tous les sens. Méfiance absolue à chaque fois que l'on croise des personnes ayant un regard suspicieux, soit tout le temps. Car oui, nous sommes un peu en mode paranoïaque, à se demander quand va-t-on se faire dépouiller, de quelle manière, à quel endroit?

C'est un peu le point noir du Pérou, il faut être méfiant et être sur le qui-vive pour éviter tout désagrément. Nous entendons des histoires un peu fofolles et j'accorde la médaille du voleur fourbe aux péruviens.

 

Coté culturel, nous avons retrouvé la culture Moche lors de la visite des temples del sol y de la luna. Le temple de la lune est une pyramide qui s'élevait sur 11 niveaux pourvus de nombreuses frises. Chaque niveau, à l'issue du règne du roi devenait son tombeau lors d'une cérémonie accompagnée de nombreuses offrandes et  de sacrifices humains Si le roi meurt, tout le monde meurt avec lui, très égoïste comme comportement! (j'amplifie un peu les propos). Et le roi suivant se construit un nouveau niveau par dessus, etc, etc

 

C'est à Trujillo également que se trouvait l'ancienne capitale de l'empire Chimu, une cité du nom de Chanchan. Sa superficie de 28 km² cela lui a valu le titre de plus grande ville pré-colombienne.

Chanchan a été dévastée par les inondations causée par « El Nino » et des pluies torrentielles ont érodé ses murs. Aujourd'hui, le site frappe surtout par son étendue et il faut une bonne dose d'imagination pour se représenter la ville d'antan.

            A l'inverse des Moche, les Chimus construisaient un nouveau temple après la mort du roi, ce qui nous amène à  9 citadelles sur le site de Chanchan correspondant à 9 titres de royauté.

 

Nous avons quand même fait une escale sur le bord de mer pour y découvrir une eau trouble, un sable brun, un grand nombre d'échoppes, de bars, restaurants... En somme, une station balnéaire qui ne rivalise pas avec la beauté des côtes Thais. Néanmoins, c'est ici que nous avons goûté notre premier « Ceviche », plat typique péruvien se composant de poisson cru ou crustacés marinés dans du jus de citron vert accompagné d'oignons, piments et patates douces.

 

Etape 5 : Huaraz – 3 100 m

 

Huaraz est la capitale des grimpeurs et fanatiques de randos. Situés à l'entrée ouest de la cordillère blanche, cette ville sans charme offre un panel de promenades spectaculaires.

Malheureusement, nous n'avons pas opté pour un trek de plusieurs jours pour plusieurs raisons :

1)      Le trek le plus court en durée et le plus simple est ultra populaire, et fuyant les touristes, cela  ne nous convenait guère.

2)      Les autres treks demandaient à ce que je me transforme en wonderwoman

3)      Ayant eu l'illusion d'être wonderwoman, je me suis blessée à la jambe en voulant faire l'ascension d'une montagne.

 

Néanmoins, nous ne nous sommes pas démotivés en arrivant en ville. Après une courte nuit dans le bus, nous avons attaqué ce qui devait être une marche d'acclimatation selon les conseils avisés d'une agence de tourisme lambda. De Huaraz (à 3 100 m.), nous avons pris un moyen de transport local pour nous rendre à Llupa (à 3 500 m.), point de départ d'une rando qui devait nous mener au lac Churup à 4 500 mètres !!! Soit 1000 m de dénivelé positif à haute altitude, et, comme nous sommes des personnes extraordinaires, l'acclimatation n'est guère nécessaire pour des gens comme nous!

 

Résultat : Abandon pour ma part au bout de 2h d'ascension où j'en ai perdu mon souffle et ma jambe. Des maux de têtes et vertiges pour Ben qui est néanmoins parvenu au terme de la marche. Ses efforts furent récompensés par la beauté des paysages (si j'en juge par les photos qu'il a prises).

 

La galère ne s'est pas terminée là : redescendus sous 4 000 mètres, nous avons emprunté une route (un chemin vaguement carrossable) menant à Llupa, plus longue que le chemin utilisé à l'aller, mais sur laquelle nous espérions croiser un véhicule qui nous prendrait en stop et mettrait ainsi fin à notre calvaire.

Ben a voulu jouer au plus malin en coupant à travers champ pour gagner du temps.....Résultat : des pieds boueux et trempés car les champs étaient inondés, une fatigue qui s'est radicalement accrue et une haine à n'en plus finir à son égard ! Finalement, le miracle se produisit (alors que nous avions descendus toute la route jusqu'à Llupa) et le collectivo (sorte de taxi collectif) arriva avant que la pluie ne se déchaîne sur nous.

 

            Le lendemain, nous avons opté pour un tour guidé avec pour guide un escroc qui a tenté de nous soutirer de l'argent en différentes occasions au cours de la journée. À notre retour, nous avons revêtu nos costumes de wondergirl & -boy et avons décidé de nous faire justice. Pour ce faire, nous nous sommes rendus à l'agence auprès de laquelle nous avions booké le tour et y avons dénoncé les agissements suspicieux du guide. Nous n'avons pas hésité à invoquer la sacro-sainte (et inutile) police touristique et à menacer qui voulait l'entendre des pires représailles !!! En conséquence de quoi, suite à une audience en présence des différents partis qui a très vite tournée en notre faveur, nous nous sommes fait rembourser une substantielle partie des frais du tour... ce que les radins que nous sommes n'ont pas manqué d'apprécier (gnak gnak gnak) !

 

            Néanmoins, ce jour là, nous sommes montés à plus de 5 000 m. d'altitude pour y voir le glacier Pastoruri... Non, non... cette fois-ci nous avons laissé nos costumes au placard et nous nous sommes grandement rapproché avec notre minibus. Nous avons quand même marché une petite heure pour atteindre le spectacle de Dame Nature (le glacier).

            Pendant l'excursion, nous avons également vu une espèce singulière de cactus, les Raimondi puya (du nom du naturaliste italien) Ces plantes vivent très longtemps, elles dépassent la centaine d'années, ce qui leur permet d'atteindre jusqu'à 12 mètres de haut.

 

Etape 6 : Lima

 

De retour à la capitale pour souffler un peu ( on est quand mème arrivé à 5h du mat´ et l´on s´est retrouvés à gravir 15 étages à patte, parce l´ascenceur de notre guesthouse était en panne !) et se mettre à jour sur les nouvelles sorties cinématographiques : Toy Story 3, L'Agence tous riques, Prince of Persia. (oui oui, les 2 derniers sont des nanards, mais c'est Ben qui m'a trainé de force !)


Après 2 jours de repos total à ne rien faire, nous sortons enfin pour faire quelques visites culturelles : visite de la ville, musées, etc, etc.


Le nord du pays est connu pour être peu touristique, ce que nous avons énormément apprécié. Néanmoins plus on descendait vers Lima, plus le comportement des locaux se muait : plus de harcèlements, moins de sourires, plus d'arnaques...etc...

En conséquence, nous craignons que le sud soit plus pénible au quotidien. Nous allons devoir redoubler de vigilance... (ta ta ta !)

 
On vous laisse découvrir les photos....

Par Clochette & Ben
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